L'anniversaire de Tante Gertrude

Les dames de la côte



Non, non, non on ne se moque pas, j'ai bien une tante qui s'appelle Gertrude et si vous êtes une assidue du blog de Fleurs Pois et Cie, je vous en parlais il y a peu de temps. 
Tante Gertrude c'est une petite fille dans un corps de vieille dame, c'est une des "Dames de la côte" (celles qui ont plus de 45 ans savent de quoi je parle, pour les autres, il y a Wikipédia) et "non ma chérie", ma fille me dit que je viens de faire une faute de frappe, je n'ai pas voulu écrire les Drôles de dames (celles qui ont plus de 15 ans et moins de 55 savent de quoi je parle, pour les autres, il y a toujours Wikipédia) mais bien ce que j'ai tapé.  

Mais où en étais-je ? Ah oui, l'anniversaire de tante Gertrude qui va fêter ses 98 printemps réels, parce que si on l'écoute, elle est à la retraite depuis cinq ans et jure ne pas avoir plus de 75 ans à qui veut bien l'entendre. En revanche, quand elle se raconte et que l'on croit à sa vie trépidante, elle doit avoir à peu près 120 ans…
Grosso modo entre 20 et 35 ans, la reine de Sabah n'avait qu'à bien se tenir. Elle a été infirmière pendant la guerre et comme elle dit " Fallait pas faire des années à user ses fonds de culottes sur les bancs à l'école pour faire des pansements et piquer dans les derrières de nos braves soldats", chanteuse de cabaret " Et oui fallait bien remonter le moral des troupes", première vendeuse chez Givenchy à Paris (de cela j'en ai la preuve). Elle fut aussi pilote d'avion pour remplacer un pauvre gars qui, atteint par une gastro entérite, appelée par ma tante " la fulgurante" (je vous laisse imaginer), devait transporter des hommes de grande importance à Londres où elle eut l'honneur de rencontrer Le Général (de cela je n'ai aucune preuve, surtout qu'elle a le vertige).
Courtisane d'un sultan arabe qui était tombé follement amoureux d'elle en se perdant dans la vallée dans les années 1950 (et la marmotte elle met le chocolat dans le papier d'alu), elle a fait 10 fois le tour du monde et si je vous fais la liste, nous y sommes encore demain. Mais avant tout et après avoir été première vendeuse, la tante Gertrude était jusqu'à la fin de sa vie professionnelle : corsetière.
J'ai déniché chez elle des trésors qui seraient digne d'être exposés, mais surtout, je ne vous dis pas tous les conseils, remarques et autres petites astuces qu'elle a bien voulu me donner. J'ai aussi eu droit à des commentaires très fleuris, que je tairai,  lorsque je montais pour les fêtes avec des prototypes. Déjà sur les noms, la culotte, le soutien-gorge bandeau et balconnet ont eu son approbation mais et je cite : " Qu'est-ce que c'est que cette histoire de boxers, ma petite fille, appelle cela par son nom, un panty court et ton sorti, il sort où ?" Tante Gertrude, ce n'est pas un "Sorti"  mais un "Shorty" "Cré nom de nom, c'est tout même pas compliqué de donner le bon nom au chose et pourquoi c'est de l'anglais, et pourquoi pas un short ?" 


Panty version Tante Gertrude

Panty années 50
Boxer fleurs coton Fleurs Pois et Cie

Boxer version Capucine pour Fleurs Pois et Cie


Bref après une ou deux heures sur l'importance de garder notre langue et de bien l'utiliser, je recevais de sa part un compliment à sa façon : "Bon c'est bien ma belle, c'est du coton, ça évite les boutons et le reste. Parce que avec les matières d'aujourd'hui, ça transpire et c'est pas toujours joli, joli. Tu fais travailler des manufactures françaises c'est bien, parce que il faut quand même avouer que le made in china c'est souvent de la m...e, et c'est dommage que tu n'es pas eu cette idée plus tôt parce qu'il y encore pas si longtemps, j'aurai bien aimé en porter de tes dessous en coton, mais là comme tu peux le voir j'ai pris un peu d'aisance". 
Voilà, ma tante Gertrude, c'est la fille adoptive de Raymond Devos et de Jacqueline Maillant (Wikipédia les connaît aussi) une fable onirique à elle toute seule. 
 
Je vous laisse c'est l'heure de lui faire honneur 
 
Caroline