Une française en Inde

passeport pour l'inde

Je suis 100% made in France mais atteinte du virus des voyages dans des pays où le dépaysement est total. Aussi, pendant que cet été vous vous prélassiez sous le soleil et que je travaillais à la douce lingerie Fleurs Pois & Cie, je préparais entre 2 culottes et 2 soutiens-gorge, mon voyage en Inde.

Et plus précisément au Karnataka, état peu touristique du sud-ouest de l’Inde. 

Deux jours avant le grand départ, je m’attaque à la valise. La chose est complexe car comme je vais être en Inde à la fin de la mousson et qu'il va faire chaud et probablement humide, il faut prévoir beaucoup de vestiaire. Donc, armée du programme du circuit, je commence par déterminer, pour chaque jour, si je porterai un pantalon, une jupe ou une robe ce qui permet de savoir combien de petits hauts emporter. Pour ma lingerie, c’est plus simple : un soutien-gorge et une culotte ou un boxer Léna ou Manon par jour, le tout placé dans des pochettes lingerie Fleurs Pois & Cie pour ne pas avoir à faire de la spéléo dans la valise avec une lampe frontale car l’Inde est adepte des ampoules basse consommation.

Je pars en voyage

Toutes mes petites affaires sont en coton ou en lin bien sûr. Il ne manquerait plus que j’attrape des champignons pour cause de macération dans du synthétique ! Une petite pharmacie, un peu de maquillage, quelques bijoux fantaisie, 2 bouquins pas trop fatigants à lire, des sandales argents pour le soir, des tennis et des mules pour la journée, ma trousse de toilette et hop, je suis prête.

Enfin, j’y suis ! Le guide nous accueille avec un beau sourire et nous annonce que nous aurons droit à 3 heures de repos plus petit-déjeuner à l’hôtel avant d’attaquer la visite de Bangalore, la Silicon Valley de l’Inde. A l’hôtel, mon chéri décide d’aller prendre le petit-déjeuner en pantoufles, notre chambre donnant sur la salle de restaurant !!! J’ai éclaté de rire plutôt que d’aller petit-déjeuner à une autre table. Il a juste été prié de planquer ses pieds sous la table. Et l’élégance française alors ?
Bon, le petit déjeuner pris et les pantoufles ayant réintégré la valise, c’est parti pour le grand tour du Karnataka. Hé, n’arrêtez pas votre lecture ! N’ayez pas peur, je ne vais pas vous assommer avec le descriptif de tout ce que nous avons vu. Je me souviens trop des soirées films de vacances chez des amis où je m’endormais même après un deuxième café… 

Je me propose plutôt de vous raconter quelques anecdotes amusantes ou des usages à des années-lumière des nôtres.

Vache cornes bleues

Revenons donc à l’Inde. Dès la sortie de l’hôtel, je rencontre notre première vache qui baguenaude au beau milieu de la rue d’une ville qui compte quand même plus de 10 millions d’habitants. Remarquez, elle s’en fiche la vache : elle est sacrée et tout ce qui l’intéresse, c’est de faire les poubelles pour trouver sa pitance. Même les coups de klaxon ne la font pas dévier de son objectif. En plus, elle est toute jolie avec ses cornes peintes en bleu. Bon d’accord, on ne lui dira pas que la couleur est fonction de ce qu’il reste au fond des pots de peinture de son propriétaire…

Au cours de notre périple, nous allons visiter un certain nombre de temples avec révision à chaque fois du panthéon hindou, enfin seulement des 5 divinités principales (notre guide n’avait pas seulement un beau sourire, il avait aussi pitié de nous) et heureusement car l’hindouisme est appelée "la religion aux 33 millions de Dieux". Ganesh, fastoche, il a une tête d’éléphant. Hanuman, pareil, c’est un singe. Brahma, ça va aussi car il a 4 visages tournés dans les 4 directions. Shiva a lui, une longue chevelure bouclée ou encore plus simple, il est représenté sous la forme d’un linga (phallus). Vishnu, lui, on le reconnait grâce à ses 4 bras ou plus. Bon, ça c’est la théorie sauf qu’ils ne sont parfois identifiables que par leur moyen de transport dit "véhicule" ou que le sculpteur les a représentés sous telle ou telle réincarnation. Bref, nous avons été qualifiés de mauvais élèves !

Shiva

Comme je vous l’ai dit plus haut, le Karnataka n’est pas un état touristique. Aussi, à table, il manque toujours soit le couteau, soit le verre, soit tout ! Les Indiens sont certes adorables mais pas rapides donc en désespoir de cause, soit j’ai commencé à manger avec les doigts, soit nous avons ouvert des tiroirs pour mettre la main sur la vaisselle ce qui a laissé nos hôtes totalement indifférents… Vous imaginez-vous faire ça dans un restaurant français ? En plus, ils oublient souvent de mettre les petits panonceaux devant les plats au buffet d’où un parcours devinettes. C’est ainsi qu’un matin au petit-déjeuner, j’ai pris une crêpe pliée en 4 et l’ai arrosée de miel pour sentir à la première bouchée qu’elle était garnie d’une pâte au piment. Je vous jure que ça réveille !

Ghandi
Quant aux cartes postales, c’est la chasse au trésor. Je sais qu’aujourd’hui, tout passe par les sms mais que voulez-vous, j’aime à imaginer que mes proches seront contents de trouver une carte dans leur boîte aux lettres plutôt que des factures. Bref, il a fallu une semaine pour trouver des cartes… Ensuite, nous avons entamé la chasse aux timbres. Le premier du groupe à avoir demandé des timbres dans un bureau de poste a raflé tout le stock. Dans un deuxième bureau, après avoir attendu que le postier revienne de déjeuner, il s’est avéré qu’il n’avait que des timbres de 1 roupie. Or, comme pour la France, il faut timbrer à 20 roupies, vos imaginez la surface restante pour écrire.  Bref, au quatrième jour de quête, nous avons fini par trouver les timbres, les coller et les poster dans la foulée. Ouf !

Les Indiens adorent être pris en photo et nous prendre en photo ce qui fait qu’on se retrouve souvent en train de photographier des gens qui nous prennent en photo. Bien sûr, ensuite, ils sont ravis de se voir en photo. Ah le modernisme ! Ceux qui vivent pauvrement dans des maisons au sol en terre battue ont quand même une parabole pour la télé sur le toit et un téléphone portable dans la poche.
Autre "bizarrerie" amusante, lorsqu’il achète une nouvelle voiture, le nouveau propriétaire ne peut pas conduire cette dernière tant qu’elle n’a pas été bénie par un prêtre. C’est donc, un copain qui se charge de conduire le véhicule jusqu’au lieu de bénédiction. Après, c’est à la grâce des dieux car la circulation est un vrai spectacle. Il y a de tout sur la route : des voitures, des camions, des bus, des vélos, des motos, des tracteurs, des charrettes tirées par des bœufs, des tuk-tuk, des piétons, des cochons et bien sûr des vaches et tout ce petit monde veut passer en même temps à grands coups de klaxon (bon d’accord pas pour les vaches et les cochons).
Pour s’accorder la bienveillance divine, il convient d’ailleurs de faire bénir de temps en temps sa voiture et d’accrocher à l’avant, une ficelle avec des piments, un bout de citron et un bout de charbon pour conjurer le mauvais sort. A propos si en France, vous croisez une voiture avec cette décoration, c’est moi…
Bénédiction indienne

Quant à la ballade dans le bateau "bassine" avec la découverte du panneau à l’arrivée, commentaires inutiles, les photos parlent d’elles-mêmes.

Balade en Karnataka

Il y a aussi, les visites de temples pieds nus avec les fourmis qui passent à l’attaque de nos petits petons roses et tendres (je vous jure que elles, elles ont couteau et fourchette). Oui, je refuse le port des chaussettes par respect pour  les Indiens qui eux, sont pieds nus dans les temples. Et puis, une morsure de fourmi ne démange que 2 jours…
 
Enfin, il y a les averses de mousson. La pluie est certes chaude mais si dense que mes tennis en broderie anglaise n’ont pas résisté à une traversée de rue avec 10 cm d’eau (sympa, le bruit du pied dans les tennis remplis d’eau) et ma jupe du jour en lin ressemblait à du carton. Quant à mes dessous Fleurs Pois & Cie, ils étaient à tordre.
A propos de lingerie, je n’en ai pas vu sauf en publicité pour un modèle de soutien-gorge bien opaque. Il faut dire que les Indiennes sont très pudiques et qu’hommes et femmes vous regardent en riant ou se donnent des coups de coudes dès que vous dévoilez un genou. Aussi, un petit conseil, si vous allez en Inde, laissez shorts et jupettes courtes dans le placard.

Ganesh rose


Quoiqu’il en soit, j’adore ce sous-continent. Les sculptures ressemblent à de la dentelle de pierre, les rizières sont d’un vert émeraude, les gens ont un sourire éclatant, les enfants sont à croquer, les femmes sont belles dans leur sari et les contrastes avec notre société sont énormes. Mais, par dessous tout, c’est le pays des couleurs dans des mélanges que nous n’oserions jamais faire.

enfant et sculpture indienne
Véronique