La petite histoire du soutien-gorge

Au commencement ...

Vous vous souvenez ? Il y a quelques temps, je vous racontai l’histoire de la culotte. Eh bien, aujourd’hui, c’est au tour du soutien-gorge. Allez courage ! Il ne vous reste plus qu’à "subir" celles du caraco, du shorty, du boxer piqué aux mecs et d’un autre produit 100% made in France mais ça, c’est une surprise à venir chez Fleurs Pois & Cie.
Sa grande histoire :
Tout commence en -400 avant JC en Grèce antique. Les femmes de l’époque ne portent pas encore de véritables soutiens-gorge mais plutôt des brassières ou « mastodeton » faites de larges bandes de tissu enroulées autour du buste (genre bikini de momie).

antiquité

La mode est aux petits seins et au look androgyne, et certaines jeunes filles n’hésitent pas à stopper la croissance de leur poitrine en les comprimant dans des lanières de cuir très serrées. C’était les flashions victimes de l’époque.
Quelques siècles plus tard, les poitrines se libèrent et le hit du Moyen-Age est un corset lacé dans le dos recouvrant un corsage appelé gourgandine. Cet attirail permet de rehausser les seins au maximum et laisse pratiquement déborder les tétons (donc si votre grand-mère vous traite de gourgandine, vous savez ce qu’il vous reste à faire : cachez ou montrer ce sein qu’on ne saurait voir !)

le sein

Au 16ème siècle, arrive l’ère du corset, qui, même s’il est considéré comme symbole de la sensualité féminine, va emprisonner le corps et la liberté de ces dames pendant plus de cinq cent ans. En effet, le corset est censé « sculpter » le buste en serrant la taille au maximum pour faire ressortir les hanches et la poitrine. Véritable instrument de torture si vous voulez mon opinion, le corset provoque notamment des fausses couches, des déformations de la cage thoracique et de la colonne vertébrale. En gros, moins on respire, plus on est jolie mais à quel prix …

corsets et déformation

Petite parenthèse : avouez que nous les femmes atteignons parfois des sommets de stupidité lorsqu’il s’agit de plaire. Jugez vous-mêmes : au début du XIXème siècle, apogée du corset, celui-ci descend très bas sur les hanches, comporte des bretelles et englobe les seins. Les beautés de l’époque se doivent d’être douces, pâles et mélancoliques, de marcher à petits pas et de parler très peu. Il est certain que par manque d’air, elles ne risquaient pas de chanter l’opéra, ni de battre Usain Bolt. Heureusement que la voiture n’existait pas encore, sinon pas de créneau non plus. Oui bon, il y en a qui n’arrive pas à les faire même sans corset….
 
Enfin et merci à elle, l’Américaine Mary Phelps Jacobs libère les femmes du corset. Elle confectionne le premier soutien-gorge à l’aide de deux mouchoirs et d’un ruban rose, et son invention est brevetée le 3 novembre 1914. Dans les années 20, grâce à la mode de la silhouette de garçonne et à l’invention de la rayonne (ancêtre du nylon), les gaines boutent les corsets hors des armoires et les premiers soutiens-gorge se popularisent. Ils ont d’abord une forme de bandeau, puis se séparent petit à petit en deux bonnets finement armaturés.

les soutiens gorge

Le soutien-gorge ne connait pas encore une progression majeure à cette époque mais la morosité de la guerre donne envie aux femmes d’assumer leurs corps et leurs courbes. La silhouette devient alors plus généreuse et voluptueuse avec comme égérie Marilyn Monroe.  Des soutiens-gorge aux bonnets pointus et galbant apparaissent afin de mettre en avant une poitrine pigeonnante.
 
Les années 60 vont marquer le début des modèles plus « sages » pour s’adapter à la mode des robes courtes et petits tops.
 
En 1970, c’est la révolution féministe et ces dames brûlent des montagnes de soutiens-gorge sur la place publique pour symboliser leur liberté sexuelle.

Féministes

Malgré tout, le marché subsiste et les femmes adoptent les modèles discrets et fins. Les marques se mettent à travailler les coupes, les créations et les couleurs afin de proposer des produits tendances.
 
Dans les années 80, Chantal Thomass propulse le soutien-gorge à son firmament. Les dessous ne sont que soie et dentelle.
 
Depuis, nous n’avons que l’embarras du choix des formes, des matières, des couleurs selon nos envies et c’est tant mieux.

Sa petite histoire

Aucune d’entre nous n’a oublié son premier soutien-gorge étrenné vers ses 12 ans. Enfin, nous étions "grandes", après avoir observé pendant des mois et avec un brin d’inquiétude, le développement de notre poitrine!
Bon, d’accord, il faut s’y habituer mais comme toutes les copines en portent (à quoi croyez-vous que servent les vestiaires du cours de gym sinon à faire des comparaisons) : il y a "les œufs au plat" avec des brassières et  celles à la poitrine une peu plus opulente avec un vrai soutien-gorge. Même si le bandeau ou le balconnet ont l’air encore plus inconfortable que la brassière élastique, avec des bretelles réglables et une fermeture digne d’un ingénieur, ils sont quand même sacrément plus jolis avec leurs petits dessins et leurs couleurs que la brassière sans forme. Quant au mystère des  85A, 85 B ou 90 A…
Brassière

A 14 ans, vous avez définitivement adopté le soutif (il ne faut pas faire trop vieille quand même) et lorsque votre maman vous en achète un neuf, vous l’arborez fièrement au collège persuadée que tout le monde va le voir alors qu’au minimum, il est caché par un t-shirt. Eh oui, c’est ça être une fille !
A 15 ans et au fur et à mesure des saisons, des conseils de classe et des fêtes, vous prenez confiance en vous et vous risquez même à dévoiler une bretelle de soutien-gorge un peu excentrique sous un débardeur, toute étourdie par cette nouvelle audace et par le regard des garçons (ça non plus, vous ne connaissiez pas)…
Le temps des brassières semble de plus en plus loin et dévoiler un coin de broderie anglaise ou un petit nœud dans le renfoncement du décolleté devient même carrément indispensable à votre pleine confiance en vous. Vient le temps des choix un peu hasardeux, du push-up trop "pushé" et des couleurs un peu criardes, des matières brillantes et des bretelles apparentes à toutes les sauces. Vous prenez votre indépendance stylistique vis-à-vis des conseils maternels, avec rétrospectivement, certaines approximations et des assortiments frisant le vulgaire. C’est l’âge où vous regardez avec envie les, selon vous, heureuses gagnantes de la loterie génétique, qui peuvent afficher fièrement un C, sans push-up, ni rembourrage Kleenex.

Push up

Quoi qu’il en soit, un beau matin, vous finissez par vous rendre compte qu’une vie sans soutien-gorge ne vous semble même plus envisageable. Les jours sans vos soutiens-gorge préférés sont un peu comme des goûters sans Nutella : nuls.
A 16 – 17 ans, après avoir fait les montagnes russes du mauvais goût, vous commencez à voir le bout du tunnel de l’adolescence. Vous lorgnez discrètement vers vos grandes sœurs ou cousines et leurs amies qui assument avec une classe folle leurs bonnets A et B dans des modèles charmants et charmeurs qu’on devine autant qu’elles les laissent suggérer … Quels sont les secrets de leur subtile séduction. Et puis les unes après les autres, vos amies abandonnent leurs modèles tapageurs pour des dessous subtils et raffinés, des motifs féminins et gracieux, des corbeilles seyantes et naturelles … Curieuse, vous tentez le coup, enhardie par les résultats surprenants qu’ont ses nouvelles parures sur la gente masculine. Au premier essayage, c’est la révélation : ces petits bouts de tissu finement assemblés ravivent la moindre parcelle de confiance en vous.

Age de glace

A 20 ANS et plus, vous n’êtes plus une poitrine à prendre. Vos seins sont définitivement acquis à la cause des soutiens-gorge naturels qui mettent bien plus subtilement en avant votre petit B (bon, ok, parfois même du A), que le plus outrancier des push-ups, et vous prêchez la bonne parole à qui veut l’entendre.

Vous avez trouvé Fleurs Pois & CIe.

Soutien-gorge fleurs coton bandeau sans armatures Fleurs Pois et Cie
Soutien-gorge balconnet Lily fleurspoisetcie

Véronique


Sources :
Wikipedia
mademoiselle.com
slate.fr
lesartsdecoratifs
modernists.fr